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Celtes


Les Celtes (Galli ou « Gaulois » pour les Romains, keltoï ou « Celtes » chez les Grecs) constituent une civilisation protohistorique d'Europe Occidentale (qui survécut au Moyen Âge en Irlande). Les Celtes appartiennent à la famille des Indo-Européens. Ne connaissant pas d'unité politique, ceux que l'on désigne ainsi étaient une myriade de peuples possédant des lois, des coutumes, des rites différents, surtout connus dans les sources antiques grecques et romaines pour leur code de l'honneur, leur valeur guerrière, leur caractère emporté, leurs sempiternelles luttes intestines et pour les mystères de la religion druidique (qui semble avoir été une particularité de la Gaule d'avant la conquête romaine).

Ils ne constituèrent pas une civilisation sanguinaire et destructrice comme les auteurs anciens l'ont souvent écrit (ils sont connus pour avoir pratiqué les sacrifices humains et pour avoir voué un culte aux têtes coupées, notamment chez Diodore de Sicile), mais bien une culture riche, unique durant l'Antiquité, qui sut s'épanouir et notamment, développer un art tendant à l'abstraction dont la valeur est aujourd'hui reconnue.

C'est certainement leur incapacité à s'unir et à fonder des entités politiques plus vastes que la cité ou la confédération de peuples qui les a perdus : il semble qu'à l'instar des Grecs archaïques, les Celtes avaient horreur du centralisme et ne connaissaient que des alliances temporaires, fondées sur le clientélisme (voir à l'article « Gaulois »).

L'histoire des Celtes est marquée par une succession de conquêtes spectaculaires (jusqu'au IIe siècle avant notre ère) qui les menèrent jusqu'en Asie Mineure, puis par une suite de revers militaires qui les cantonna aux seules îles britanniques et à l'Irlande, après la guerre des Gaules de -58 à -51 avant notre ère.

Sommaire

Ethnogenèse des Celtes

Les ancêtres des Celtes, les Peuples pré-celtiques, sont probablement parmi les premières peuplades indo-européennes a avoir remonté le Danube et peuplé la région alpine (Les indo-européens les plus anciens connus seraient les Kourganes). Ces peuplades préhistoriques occupèrent durablement toute la partie occidentale de l'Europe, de l'Écosse au Nord jusqu'à l'Espagne au sud, et des Balkans à l'Est jusqu'à l'Irlande à l'ouest.

La culture des champs d'urnes

Pour beaucoup de chercheurs, les origines d'un peuplement celtique seraient identifiables à partir du IXe siècle av. J.-C., au premier âge du fer, dès la fin de la culture des champs d'urnes.

Un changement culturel majeur, en effet, a lieu dans l'Europe préhistorique, vers -1300 : l'exploitation du bronze, et sa production gagnent brutalement en qualité et, dans le même temps, les tumuli (latin sing. tumulus : un tertre funéraire) sont remplacés par des champs d'urnes : les sépultures ne se font plus par inhumation mais par crémation. Les cendres des défunts sont alors placées dans une urne qui est rassemblée avec d'autres. L'expansion de ce mode de sépulture est constatée dans toute l'Europe centrale et occidentale, jusqu'à l'Irlande.

La culture de Hallstatt : premier âge du fer

Vers -900 à -800, une innovation technologique considérable vient bouleverser une civilisation relativement stable : la métallurgie du fer. Les débuts de cette métallurgie sont connus dans le sud de l'Allemagne, l'Autriche et l'est de la France : ils semblent associés à l'émergence d'une aristocratie guerrière dont le prestige repose sur l'usage de l'épée et sur la possession d'attelages d'apparat (les premiers chars celtiques). C'est la culture du Hallstatt (repère H sur la carte ci-dessous). Il faut moins de cent ans pour que ces technologies soient connues dans l'ensemble du monde celtique, preuve d'une grande cohésion de l'ensemble dès cette époque. Parmi les sites de cette époque, l'un des plus connus est le tombeau de la princesse de Vix, dans la Côte-d'Or.

Si la prospérité économique initiale du premier âge du fer, période qui semble avoir été relativement stable sur le plan politique, repose sur un axe commercial nord-sud, situé à l'est des Alpes et reliant la Méditerranée à la Baltique (route du commerce de l'ambre), des changements surviennent dès les VIIIe-VIIe siècles avant notre ère.

Vers -700/-600, en effet, les inhumations sous tumulus réapparaissent, sans doute liées à des changements religieux qui traduisent une dégradation économique. Les centres économiques originels du premier âge du fer connaissent à la même période un déclin au profit de nouveaux centres secondaires. Le site de Hallstatt est brûlé et ne sera plus réoccupé ; simultanément, la multiplication de petits oppida (latin sing. oppidum : un lieu élevé (colline ou montagne) dont les défenses naturelles ont été renforcées par la main de l'homme) traduisent un état d'insécurité corrélatif d'un émiettement de l'autorité politique. Des mouvements de peuples sont alors attestés par les sources grecques : c'est à cette époque qu'est utilisé pour la première fois le terme keltoi pour désigner les peuplades résidant au nord des Alpes.

La culture laténienne : deuxième âge du fer

Vers -400 au plus tard, débute en Europe continentale une nouvelle période, appelée le deuxième âge du fer. Elle est caractérisée par une nouvelle civilisation qui doit son nom à un site remarquable : celui de La Tène (repère L sur la carte ci-dessous), découvert sous les eaux du lac de Neuchâtel, en Suisse. Au même moment, des peuples celtiques se mettent en route à travers toute l'Europe et bouleversent le monde antique.

Données géographiques et culturelles

Sources historiques

Les Celtes sont apparus dans l'Histoire au travers de textes postérieurs, rédigés par leurs ennemis (La Guerre des Gaules, de Jules César) et/ou d'après le souvenir de leurs victimes (ils assiègent le Capitole et pillent le sanctuaire panhellénique de Delphes au IVe siècle), ce qui leur vaut la description de barbares sanguinaires qui a été mentionnée plus haut.

Il faut attendre près de deux siècles pour que - la plupart de ces peuples en mouvement s'étant déjà fixés depuis longtemps - les sources nous livrent une profusion de détails géographiques et culturels qui ne sont plus directement en relation avec le bellicisme celtique. Ainsi, les limites géographiques des peuples celtiques sont mieux connues à l'époque de la république romaine tardive (Ier siècle avant notre ère), au moment même où les Celtes sont pris en tenaille sous les assauts conjugués des Romains et des Germains.

Sources archéologiques

L'archéologie nous renseigne quant à elle sur un autre aspect important du monde celte : l'importance de l'artisanat, qui explique aussi une domination des arts mineurs, tels que l'orfèvrerie, dans les arts celtiques. Nombre des innovations du monde celte, telles que l'enclume ou le tonneau connaissent un succès mérité dans le monde romain.

Peuplades celtiques

Certains noms de peuples connus en des régions d'Europe fort différentes au Ier siècle démontrent la mobilité des Celtes aux Ve-IIe siècles.

Liste exhaustive des peuples celtes - Liste des peuples gaulois en France - Liste des peuples celtes de Belgique - Liste des peuples celtes d'Espagne - Liste des peuples celtes d'Italie - Liste des peuples celtes de Suisse - Liste des peuples celtes d'île de Bretagne

Religion

Art celte

L'art des Celtes présente une grande diversité selon les époques et les régions considérées. Il n'est pas, de plus, exempt d'influences extérieures.

Toutefois, si l'on excepte le cas des Gaulois du midi à la veille de la conquête romaine, il semble que la statuaire n'ait pas été leur domaine de prédilection.

Une autre constante est la domination de motifs anthropomorphes ou issus de la nature, tels que les entrelacs, qui tendent à l'abstraction. Cette tendance atteint son apogée à travers les enluminures des manuscrits celtiques d'Irlande et d'Écosse, tels que le célèbre livre de Kells (voir aussi le monastère de Iona).

La représentation des divinités semble avoir existé, même si les témoignages en sont rares (L'une des sources les plus connues est le chaudron de Gundestrupp).

Dans le domaine de l'orfèvrerie, les Celtes utilisent le bronze, la feuille d'or, le corail et l'argent. Parmi les plus belles pièces conservées, figurent notamment nombre de casques d'apparat, datés des IVe-IIIe siècles avant notre ère. Le casque d'Agris, en Charente est l'un d'entre eux.

Casque celtique découvert à Agris, en Charente
Casque celte d'apparat en fer, bronze, or, argent et corail.
IVe siècle av. J.-C.. Découvert à Agris, en Charente


Écriture

Les anciens Celtes ne connaissaient pas l'écriture. Ils la découvrent sous l'influence de la cité grecque de Marseille (grec Massalia), en Gaule méridionale. L'usage de celle-ci semble cependant avoir été limité par les druides pour des raisons de tabou religieux. Ainsi, les principales sources épigraphiques de langue gauloise proviennent de l'époque romaine.

Mœurs

Sur les mœurs, bien que ce fait soit surtout mis en valeur par les historiens anglo-saxons, les sagas du Moyen Âge irlandais, postérieures de plusieurs siècles, nous renseignent sur des traits de civilisation qui présentent une relative similitude avec ceux que décrivaient les Grecs anciens : les Celtes sont festifs, prompts à s'emporter, bagarreurs et superstitieux.

Données historiques

Chronologie des Celtes

L'expansion celtique des IVe-IIIe siècles

Peut-être dans le prolongement des bouleversements des Ve-VIe siècles, les Celtes entament au début du IVe siècle une phase d'expansion vers l'Est et vers la Méditerranée.

Tour à tour envahisseurs et pillards redoutés, les Celtes sont à Rome en -390. Vers -350 ils envahissent la future Bulgarie, la Thessalie, Athènes. Ils pillent Delphes et fondent Belgrade. Une ambassade celte rencontre Alexandre le Grand sur les rives du Danube. En -278, la présence de mercenaires celtiques en Galatie (Asie mineure, repère G sur la carte) est attestée : ils vont jusqu'en Syrie.

Ainsi, c'est durant la deuxième période de l'âge du fer, celle de la Tène (repère L sur la carte) que l'existence des Celtes est réellement attestée par des sources historiques et c'est à la fin du IIIe et au début du IIe siècle qu'ils connaissent leur plus grande expansion géographique (zone 2 sur la carte).

Ils la doivent sans doute en premier lieu à leur armement en fer. La métallurgie du fer, en effet, maîtrisée à l'époque de Hallstatt, confère une indéniable supériorité militaire et matérielle. Elle constitue dès l'origine, avec la langue, le plus sûr indice d'appartenance au monde celtique. L'expansion de cette technologie est très importante, de l'Europe centrale jusqu'à la Mer noire, en passant par l'Ukraine.

Un autre facteur important semble être leur mobilité. Les Celtes ont d'abord et durant très longtemps une réputation de mercenaires : l'on connaît des troupes de guerriers isolés, mais également celles accompagnés d'une population entière, accomplissant ce que les Romains nomment ver sacrum, c'est-à-dire une migration sacrée. Cette réputation va perdurer. Très réputés même après la défaite d'Alésia, les Celtes serviront dans les armées romaines comme auxiliaires : les cavaliers gaulois.

Parmi l'armement celtique, l'épée longue celtique sera copiée par les Germains qui en feront plus tard l'instrument de leurs victoires sur les Romains. La cotte de mailles, enfin, est une invention celtique qui sera reprise dans tout le monde antique avant de connaître le succès que l'on sait au Moyen Âge. À côté de cela, les Celtes utilisent la fronde et la lance. L'arc ne se répand qu'au moment de la résistance contre Rome.

Les défaites des IIe-Ie siècles

Aux IIe-Ier siècles avant notre ère, les Celtes sont pressés sur le continent à l'Est par les Germains et au sud par les Romains.

À la suite d'un appel à l'aide de Marseille, menacée par les peuplades celtiques voisines, Rome annexe la Narbonnaise vers la fin du IIe siècle.

Les invasions de bandes armées et la pression démographique des Germains entraînent des migrations de peuples celtiques vers l'ouest, comme celle des Helvètes sous le roi Orgétorix, et suscite des tensions avec les peuples gaulois. C'est ce dernier facteur qui provoque la guerre des Gaules et marque la fin de l'indépendance celtique sur le continent à partir de -58. L'intervention de César aurait alors été motivée, écrit-il, par le désir de renvoyer les Helvètes chez eux afin de ne pas laisser des peuples germaniques d'outre-Rhin occuper le plateau suisse.

En -52, après la défaite gauloise d'Alésia, la Gaule est entièrement occupée. Les derniers opposants sont vaincus en -51 à Uxellodunum. Au Ier siècle de notre ère, l'île de Bretagne est conquise à son tour : dès lors, la civilisation celtique ne survit plus qu'en Irlande.

L'héritage des celtes

Actuellement, plusieurs régions d'Europe revendiquent leurs racines celtes et le mettent en avant, essentiellement par la pratique de la langue et de la musique (notamment la cornemuse qui se décline selon les régions) :

Ces régions organisent des manifestations communes, comme les Jeux interceltiques, ou le Festival interceltique de Lorient.

Il est à noter également que l'on a un très fort héritage celtique en Europe dans la toponymie (cf. les différentes recherches de François Falc'hun sur le sujet), et est ainsi très utile pour les historiens et géographes afin de recréer le paysage historique de l'Europe il y a de cela plusieurs millénaires.

Voir aussi

Liens et bibliographie

à compléter


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