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Cisjordanie


La Cisjordanie est une région du Proche-Orient, entre Israël et la Jordanie, dont le statut est sujet à discussions entre Israël et l'Autorité palestinienne. Étymologiquement c'est « la région de ce côté (-cis) du Jourdain ».

On peut noter que seul le français utilise ce nom, les anglophones utilisent généralement « West Bank », la « rive ouest ». Cisjordanie a été employé par relation à ce qu'on appelait encore à l'époque la Transjordanie, royaume créé artificiellement dans les années 20 et transformé par la Société des Nations en mandat britannique, comme la Palestine. La Transjordanie après la première guerre israélo-arabe s'étendait sur les deux rives du Jourdain. La Guerre des Six Jours entre Israël et ses voisins a amputé le royaume de Transjordanie, renommé depuis Jordanie, des territoires à l'ouest du Jourdain : la Cisjordanie.

C'est en Juillet 1988 que le Royaume de Jordanie a officiellement renoncé aux territoires de Cisjordanie, mettant fin à la representation électorale des populations au sein du parlement Jordanien, et faisant redessiner les cartes du Royaume pour le limiter à la rive Est du Jourdain, dans les frontières qu'on lui connaît aujourd'hui.

Les frontières entre l'État d'Israël et la Cisjordanie ne sont pas encore clairement tracées et résultent de l'accord d'armistice de 1949 suite à la guerre israélo-arabe de 1948. La Cisjordanie a été annexée et occupée par la Jordanie de 1949 à 1967, puis Israël en a récupéré le contrôle durant la guerre des Six Jours. Les Palestiniens considèrent qu'Israël occupe les territoires de Cisjordanie, alors que du côté israélien, on préfère parler de « contrôle » plutôt que d'occupation.

Au niveau international, cependant, il est à noter qu'il est généralement admis que la Cisjordanie est un territoire occupé, et qu'à ce titre les implantations de populations israéliennes y ont un caractère illégal en raison de la Convention de Genève. Israël a toujours vigoureusement contesté cette vision des choses.

Depuis le début de la seconde Intifada, de nombreuses incursions israéliennes ont eu lieu en Cisjordanie en représailles aux attentats-suicides palestiniens.

La plus importante de ces incursions (nommée « Rempart ») a été déclenchée suite à un attentat palestinien particulièrement meurtrier dans la ville de Netanya ("le massacre de Pâques") le 27 mars 2002 - revendiqué par le mouvement intégriste islamiste Hamas. L'attentat a fait au final 30 morts. « Rempart » a consisté en une réoccupation de la plupart des villes palestiniennes de Cisjordanie, principalement Ramallah (où le complexe présidentiel de Yasser Arafat a été largement détruit, ainsi que le centre de la sécurité préventive palestinienne situé à Beitounya), Naplouse (où des combats particulièrement violents dans la casbah ont occasionné la mort de 78 Palestiniens), et Jénine, où l'assaut contre le camp de réfugiés, considéré par les Israéliens comme une pépinière de kamikazes a occasionné la mort de 53 Palestiniens, mais aussi de 23 soldats israéliens. Rempart a débuté fin mars et s'est officiellement terminée en mai.

Le « massacre » de Jénine Une polémique est née pendant l'assaut du camp de Jénine du fait de la destruction totale d'un quartier du camp, aplani au bulldozer par l'armée israélienne. Des rumeurs annonçant des centaines de morts ont circulé, relayées même par des membres du gouvernement israélien. Ces rumeurs, nées de la confusion générale provoquée par la fuite précipitée d'environ 5000 personnes, ont amené l'ONU à annoncer la création d'une commission d'enquête - dont la venue d'a pas été autorisée par le gouvernement israélien. Plus de cent habitations collectives ont été totalement rasées dans le camp, et plus de 4000 personnes se sont retrouvées sans abri. Les accusations de « massacre » ont plu. Il est maintenant certain que plusieurs centaines de personnes n'ont pas été tuées pendant l'assaut du camp. Ce qui est également établi, c'est que certaines pratiques de l'armée israélienne pendant cet assaut sont constitutrices de crimes de guerre (emploi de boucliers humains, tirs indiscriminés contre des populations civiles, destructions injustifiées d'habitations).

Les conditions de vie des populations palestiniennes en Cisjordanie suscitent de plus en plus d'inquiétude. Plusieurs missions mandatées par l'ONU, ainsi que d'innombrables témoignages, indiquent une régression spectaculaire du niveau de vie, du niveau d'éducation, et du suivi sanitaire des populations. Le principal facteur cité est la très sévère restriction de circulation des biens et personnes mise en place par l'armée israélienne. Certaines villes (Jéricho ou Jénine par exemple), sont entourées d'un fossé interdisant toute entrée ou sortie de la ville, à l'exception de points de passage ou « Checkpoints » contrôlés par l'armée. Israël de son côté assure que ces checkpoints sont indispensables à la protection de ses citoyens, en Israël comme en Cisjordanie. De plus la présence et l'agrandissement continu des colonies israéliennes ajoutent des sources de conflits et d'incidents graves

En 2002 le gouvernement israélien (à l'époque un gouvernement de coalition contenant aussi bien le Likud que les travaillistes) a décidé la construction d'une barrière de sécurité pour protéger les citoyens israéliens des attentats terroristes palestiniens. Une controverse a immédiatement explosé, alimentée par le tracé du passage de la clôture. Celui-ci, empiétant parfois largement hors des frontières de 1967, est considéré par les Palestiniens comme une tentative d'appropriation de terres par le biais d'un fait accompli sur le terrain. Cette controverse a culminé lors de l'intervention de la Cour Internationale de Justice sur le sujet, qui a déclaré la clôture illégale. Il est à noter qu'Israël n'a pas ratifié le traité créant cette cour, et ne reconnait pas son autorité.

Cette clôture aggrave significativement les problèmes économiques des populations palestiniennes, et dans un certain nombre de cas crée des obstacles à l'accès aux soins et à l'éducation.

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