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Guillaume IX de Poitiers


Guillaume IX de Poitiers, né le 22 octobre 1071, mort le 10 février 1126 surnommé le Troubadour, comte de Poitiers sous le nom de Guillaume VII et duc d'Aquitaine et de Gascogne de 1086 à sa mort. Il fut également l'un des premiers poètes en langue vernaculaire (d'où son surnom). Il succède à son père Guillaume VIII à l'âge de 15 ans, ce qui lui vaut le surnom de Guillaume le Jeune au début de son règne.

Sommaire

Généalogie Ramnulfides

Fils de Guillaume VIII de Poitiers et d'Hildegarde de Bourgogne, il fut brièvement marié à Ermengarde d'Anjou, avant d'épouser Philippa de Toulouse ou Philippie en 1094, dont il eut Agnès de Poitiers épouse du roi Ramire II d'Aragon ; Guillaume, comte de Valentinois ; Henri, abbé de Cluny ; Raymond de Poitiers qui régna sur la principauté d'Antioche, État latin d'Orient ; et Guillaume X de Poitiers, son héritier.

L'apogée de la principauté aquitaine

Il continue à développer l'embryon d'organisation administrative de ses prédécesseurs, avec l'ajout d'un prévot à Surgères en 1087 et la création d'agents forestiers. Il prend et détruit le château de Blaye au comte Guillaume V d'Angoulême, afin de réfréner les entreprises de celui-ci en Saintonge.

Ayant acquis des droits sur Toulouse par sa femme Phillipie, il les fait valoir par les armes en prenant Toulouse en 1098. Guillaume le Troubadour rejoignit la première Croisade, menée par Godefroy de Bouillon, après la chute de Jérusalem, en mars 1101. Il resta une année et demie en Orient, à combattre le plus souvent en Anatolie, où il fut gravement battu deux fois.

Il s'empare de biens de l'Église en 1113 pour financer sa campagne contre Toulouse, et abandonne sa femme Philippie pour l'épouse de son vassal le vicomte de Châtellerault. Ces actes lui valent l'excommunication. Il marie néanmoins son fils Guillaume à la fille de sa maîtresse en 1121.

À la fin de sa vie, il participa à un épisode de la Reconquista : allié au roi de Castille et Leòn, Alphonse le Batailleur, qui avait épousé sa sœur Béatrice. De 1120 à 1123, ils guerroyèrent pour la conquête du royaume de Valence, remportant notamment la bataille de Cutanda.

Un prince cultivé

Mais Guillaume IX de Poitiers a surtout marqué l'histoire comme un homme de lettres, qui sut entretenir une des cours les plus raffinées d'Occident.

Ami des artistes et troubadour lui-même

Il accueillit ainsi à sa cour le barde Gallois Blédri ap Davidor ; ce barde réintroduisit sur le continent l'histoire de Tristan et Iseut.

Il fut lui-même un poète, utilisant la langue vernaculaire pour ses œuvres, poèmes souvent mis en musique.
C'est le premier poète médiéval depuis saint Fortunat au VIe siècle (qui résida longtemps à l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers) dont des œuvres qui ne soient ni sacrées ni à la gloire de héros guerriers nous soient parvenues. Ses vers traitent le plus souvent des femmes, d'amour et de ses prouesses sexuelles. Sa poésie était parfois très crue (par exemple dans la chanson convenable, quand il demande à ses compagnons quel cheval il doit monter, d'Agnès ou d'Arsens), reflet d'une époque où l'Église n'avait qu'une emprise limitée sur la société. Il fut l'un des précurseurs de l'art des troubadours, dont la poésie devait devenir plus galante.
À son retour de croisade, il répudia sa femme et prit pour maîtresse une femme mariée, qu'il invoque comme muse dans ses poèmes sous le nom de Dangereuse (la Maubergeonne). Il évoque aussi la fondation d'un couvent les nonnes seraient choisies parmi les plus belles femmes du comté. À la bataille de Cutanda, il aurait combattu avec le corps de sa maîtresse peint sur son bouclier.
Il évoque également la guerre et des conséquences qu'elle a eu pour lui : selon Ordéric Vital, il raconte sa captivité en Orient de manière plaisante.

Il fit de grosses donations à l'Église, dont certaines pour la fondations de monastères. Il reconstruisit le palais des comtes de Poitiers.

Exemple de chanson

Voici une des œuvres composées par le comte duc, en français :

Je n'adorerai qu'elle ! (Chanson)

Ferai chansonnette nouvelle
Avant qu'il vente, pleuve ou gèle
Ma dame m'éprouve, tente
De savoir combien je l'aime ;

Mais elle a beau chercher querelle,
Je ne renoncerai pas à son lien.
Je me rends à elle, je me livre,
Elle peut m'inscrire en sa charte ;

Et ne me tenez pour ivre
Si j'aime ma bonne dame,
Car sans elle je ne puis vivre,
Tant de son amour j'ai grand faim.
Elle est plus blanche qu'ivoire,

Je n'adorerai qu'elle !
Mais, si je n'ai prompt secours,
Si ma bonne dame ne m'aime,
Je mourrai, par la tête de Saint Grégoire,
Un baiser en chambre ou sous l'arbre !

Qu'y gagnerez-vous, belle dame,
Si de votre amour vous m'éloignez ?
Vous semblez vous mettre nonne,
Mais sachez que je vous aime tant
Que je crains la douleur blessante
Si vous ne faites droit des torts dont je me plains.
Que gagnerez-vous si je me cloître,
Si vous ne me tenez pas pour vôtre ?
Toute la joie du monde est nôtre,
Dame, si nous nous aimons,
Je demande à l'ami Daurostre
De chanter, et non plus crier.
Pour elle je frissonne et tremble,
Je l'aime tant de si bon amour !
Je n'en crois jamais née de si belle
En la lignée du seigneur Adam.

Chronologie succincte

Voir aussi

Maison de Poitou ~ Liste des comtes de Poitiers ~ Poitou




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