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Héraclite (en grec Ἡράκλειτος Hêrákleitos) philosophe grec de la fin du VIe siècle av. J.C.
| Sommaire |
Héraclite naquit à Ephèse dans la seconde moitié du VIe siècle av. J.-C., vers 540. Il est mort à 60 ans vers 480. Fils de Blyson ou d'Hérakion (selon Diogène Laërce), il est issu d'une famille sacerdotale. Il renonça aux privilèges que lui donnait le statut de descendant de Codrus, comme la présidence des cérémonies de Déméter : il laissa tous ses droits à son frère. C'est l'un des rares Présocratiques dont nous connaissions un peu le caractère : méprisant, irritable, la foule des hommes le dégoûtait, de même que l'érudition gratuite : Héraclite appelait jeux d'enfant les pensées des hommes (fragment 70). Son orgueil était très grand : jeune, il déclarait ne rien savoir, mais plus tard il affirmait tout savoir. Il semble avoir été un autodidacte, mais certains en font un disciple de Xénophane.
Misanthrope, il partit vivre dans les montagnes, mais étant tombé malade (hydropique), il revint dans sa ville où il chercha en vain à se soigner : s'étant recouvert de bouse pour assécher son corps, il mourut et fut, selon Diogène Laërce, mangé par les chiens. D'autres disent qu'il mourut plus tard d'une autre maladie.
Il écrivit un livre portant sur la nature dont il ne nous reste que quelques fragments (plus d'une centaine). Il était composé de trois parties : sur le tout, sur la politique, et sur la théologie. Héraclite déposa son œuvre sur l'autel d'Artémis.
Ce livre lui valut le surnom d'Héraclite l'Obscur, car on jugeait la compréhension de sa pensée difficile en raison d'une écriture poétique, de l'abondance des formules paradoxales, à quoi s'ajoutait l'absence de toute ponctuation. Cette obscurité était recherchée et reflétait son mépris des hommes. Socrate en aurait comparé la lecture aux dangereux travail des plongeurs de Delos, et Aristote se plaint ainsi : « c'est tout un travail de ponctuer Héraclite, car il est difficile de voir si le mot se rattache à ce qui précède ou à ce qui suit ». Par exemple au commencement de son ouvrage, il dit : le logos/ce qui est /toujours /les hommes sont incapables de le comprendre. « Il est impossible », poursuit Aristote, « de voir à quoi toujours se rattache... » Pour Théophraste, il écrivait des phrases contradictoires et inachevées parce qu'il était tourmenté par sa bile.
Cette absence de ponctuation multiplie les possibilité d'interprétations de ses écrits ; un peu à l'image des mouvements en sens contraires, tensions, écoulement au rythme du logos. L'écriture d'Héraclite est à l'image même de sa pensée de la nature.
Ce livre eut beaucoup de succès et lui valut des disciples que l'on nomme Héraclitiens.
Le feu est pour lui le principe de toutes choses : il est la réalité du mouvement, et l'état permier et dernier du cosmos à travers ses cycles :
Ce monde a toujours été et il est et il sera un feu toujours vivant, s'alimentant avec mesure et s'éteignant avec mesure.
Ce feu se transforme en se raréfiant ou en devenant plus dense, suivant des fluctuations périodiques qui suivent le destin. Ainsi le monde est-il éternel, mais crée et détruit selon un retour éternel. Cette partie de sa cosmogonie se retrouvera chez les Stoïciens. Ce feu est aussi le logos universel, la raison commune à tous dont l'harmonie est le résultat des tensions et des oppositions qui constituent la réalité. Le devenir lui-même s'explique ainsi pour lui par la transformation des choses en leur contraire et par la lutte des éléments opposés. Cette connaissance du logos est pour lui toute la sagesse.
L'ensemble de ces thèses seront combattues par presque tous les philosophes dogmatiques, car elles nient le principe d'identité et abolissent le raisonnement purement logique. Platon reprend par exemple la thèse héraclitéenne d'un flux perpétuel, mais y ajoute sa théorie des Idées.
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