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Léon Blum


Léon Blum
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Léon Blum

Léon Blum (9 avril 1872 - 30 mars 1950) est un homme politique français.

Léon Blum est né le 9 avril 1872 à Paris, où il fréquenta le lycée Henri IV. Il y rencontra l'écrivain André Gide et publia ses premiers poèmes à l'âge de 17 ans dans un journal créé avec celui-ci. Il fut admis en 1890 à l'École normale supérieure. À sa sortie, hésitant entre le droit et la littérature, il entreprit finalement les deux à la Sorbonne, en visant un carrière de fonctionnaire. Il fut licencié ès lettres en 1891 et en droit en 1894. Il collabora à la Revue Blanche à partir de 1892.

Léon Blum fut reçu à sa deuxième présentation du concours du Conseil d'État à l'âge de 25 ans et nommé Auditeur au Conseil d'État en décembre 1895. Il y fera un brillante carrière de près de 25 ans, seulement interrompue par ses fonctions au cabinet de Marcel Sembat, alors ministre des Travaux publics.

Sommaire

Son entrée en politique

Léon Blum se lança réellement en politique durant l'affaire Dreyfus (de 1894 à 1906), et c'est grâce à sa rencontre avec Jean Jaurès en 1897 que son action militante à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) commença vraiment. C'est en compagnie de Jaurès qu'il participa à la fondation de L'Humanité en 1897. C'est aussi durant l'affaire Dreyfus que Blum rompit avec Maurice Barrès, qu'il considérait jusqu'alors comme son maître en littérature.

Jaurès laissa à Blum un grand héritage idéologique, mais ce n'est pas tant la mort de celui-ci que le début de la guerre qui poussa Léon Blum à entrer en politique. C'est en effet en août 1914 qu'il devint chef de cabinet de Marcel Sembat, après avoir été réformé pour cause de myopie.Il quitta le cabinet de Sembat en même temps que celui-ci en 1916 et retourna travailler au Conseil d'État.

Ses rapports avec la religion

Blum respectait la religion juive de ses pères, mais s'en était détaché. Étant athée, il ne faisait pas grand cas du judaïsme et l'ignorait simplement. Pour une grande partie de la population juive, Blum était un homme politique comme les autres. En revanche, une autre partie de cette population voyait d'un mauvais œil son accession au pouvoir et craignait notamment une poussée de l'antisémitisme.

Blum souffrit très tôt de l'antisémitisme. Il en était déjà victime en tant que critique littéraire. Mais l'antisémitisme le frappa de plus belle dès le moment où il fut élu à la Chambre et où ses discours au Parlement commencèrent à remporter un immense succès. Il fut ainsi la cible de nombreuses attaques dans les quotidiens d'extrême droite, sous forme de caricatures et de pamphlets racistes.

Période de l'après-guerre 14-18

Blum ne cessa de soutenir l'effort de guerre et la politique de l'Union sacrée. Et même si le parti socialiste était divisé sur la question de la guerre, Blum restait convaincu qu'il s'agissait de la bonne option. Toutefois, en s'opposant aux pacifistes, il ne s'identifiait pas pour autant à l'aile droite du parti.

Élections de 1919

C'est seulement à l'occasion des élections de 1919 (et même un peu avant) que Léon Blum accéda au cercle dirigeant de la SFIO. Lors du congrès d'avril 1919, Blum tenta de préserver les acquis de Jaurès et d'insuffler aux socialistes une approche progressive de la révolution dans les domaines sociaux, économiques et politiques. C'est grâce à lui que le parti socialiste conserva une apparence d'unité lors de ces élections. La droite l'emporta néanmoins. Blum fut élu pour la première fois député de la Seine ; il démissionna alors du Conseil d'État. Il devint ensuite secrétaire, puis président du groupe parlementaire socialiste.

Congrès de Tours et création du PCF

Durant le congrès, la SFIO se divisa en trois camps. Le premier, majoritaire, rassemblait les partisans de l'adhésion à l'IC. Le second camp était mené par une minorité acceptant l'adhésion,le troisième camp, mené par Blum refusait totalement l'adhésion. La SFIO se sépara donc en deux : d'une part le Parti communiste français (PCF), majoritaire à Tours, et d'autre part la SFIO, minoritaire.

Avant le Front populaire

Après l'épisode du congrès de Tours, Blum n'exclut pas des ententes préélectorales avec les radicaux, la SFIO soutenant d'ailleurs en 1924 le gouvernement radical d'Édouard Herriot sans y participer. La SFIO connaîtra des fortunes électorales variables durant les années vingt, mais ne pâtira pas de la division avec le parti communiste.

Au début des années trente, la France entra par étapes dans la crise économique. C'est aussi à ce moment, après la défaite de la droite parlementaire en 1932, que l'extrême droite prit un nouvel essor. Celle-ci était constituée d'organisations diverses, formées au début des années vingt, qui avaient de nombreux points communs, comme la dénonciation du régime parlementaire.

Parmi les socialistes, deux grandes tendances se dessinaient sur le plan international pour lutter contre le fascisme. D'une part une frange plus à droite, incarnée par les Britanniques, les Scandinaves, les Tchèques et les Polonais qui voulaient adapter le socialisme aux classes moyennes ; et d'autre part une tendance de gauche incarnée par l'Italie, la Suisse, la France et la Belgique qui proposait « une tactique révolutionnaire de lutte prolétarienne pour la conquête du pouvoir [...] ». Blum préconisait aussi d'insister sur les intérêts communs des classes moyennes avec les classes ouvrières.

Début juin 1934, des contacts se nouèrent entre la SFIO et le PCF, les négociations avancèrent vite grâce à des concessions mutuelles (le PCF étant poussé dans certains cas par l'IC). Pour la première fois depuis la scission de Tours, ils sont liés par un engagement politique mutuel. L'accord conclu le 27 juillet n'avait pas de finalité électorale directe, mais était orienté vers l'action. Durant les élections cantonales d'octobre 1934, le désistement réciproque accepté pour la première fois fit progresser les deux partis alors que les radicaux régressaient.

En 1935, notamment au moment de la signature de l'alliance franco-soviétique, les tensions entre les tenants d'une guerre antifasciste et ceux qui attachaient une importance primordiale à la paix s'intensifièrent encore.

Le Front populaire

C'est le dirigeant communiste Maurice Thorez qui, par des articles dans L'Humanité, appela pour la première fois à la formation d'un « Front populaire » (l'expression est de lui). Il présenta d'ailleurs son projet quelques semaines plus tard devant la Chambre des députés. Il proposa aussi d'associer à ce Front populaire les radicaux, qui étaient à l'époque liés à la droite et le parti le mieux représenté à la Chambre.

Les accords du Front populaire permirent la victoire aux élections législatives d'avril 1936 et débouchèrent sur le premier gouvernement à dominante socialiste de la IIIe République. Blum devint président du Conseil à partir du mois de juin. Il « ne se charg[eait] d'aucune responsabilité particulière pour se consacrer tout entier à la direction du gouvernement ». Le gouvernement était alors composé seulement de socialistes et de radicaux, les communistes le soutenant de l'extérieur. Ce gouvernement de Front populaire fut aussi le premier à comprendre des femmes, alors qu'à cette époque elles ne pouvaient pas encore voter en France.

Les causes de la victoire du Front populaire sont multiples : crise économique, montée d'Adolf Hitler, scandales financiers, instabilité du gouvernement de la législature de 1932, existence des ligues de droite, armées et de plus en plus nombreuses. Tout ces éléments ont participé à son émergence.

L'histoire a surtout retenu la non-intervention dans la guerre d'Espagne contre l'avis des communistes. On peut noter que les rapports avec l'Italie furent beaucoup plus difficiles qu'avec l'Allemagne. Sur le plan intérieur, le gouvernement Blum parvint à résoudre la crise sociale. Mais dès l'été 1936, il dut faire face à diverses difficultés, parmi lesquelles la dévaluation du franc à cause de la situation monétaire et la politique financière en général, qui transformèrent l'inquiétude de la droite en opposition résolue.

Les calomnies de l'extrême droite visaient toutes les personnalités du Front populaire. Elles eurent notamment pour conséquence le suicide du ministre de l'intérieur Roger Salengro. L'arrivée de Blum au pouvoir déclencha aussi une vague d'antisémitisme d'une très grande ampleur.

Dans la presse française se formèrent deux camps bien distincts, d'une part les partisans du Front populaire (L'Humanité, La Populaire, L'Œuvre, Vendredi, Marianne, etc.), d'autre part les opposants (L'Action française, L'Écho de Paris, L'Ami du peuple, Le Jour, Candide, Gringoire, Je suis partout, etc.). Entre ces deux positions, très peu de journaux ou d'hebdomadaires jouèrent la carte de la neutralité. La presse allant dans le sens du Front populaire était largement plus faible que la presse d'opposition, et l'une comme l'autre contribueront à l'échec du gouvernement de Front populaire. C'est dans la presse étrangère, notamment anglo-saxonne, que parurent les analyses les plus objectives.

Blum remit sa démission en juin 1937 et fut remplacé par un gouvernement radical. La défaite définitive du Front populaire eut lieu en septembre-décembre 1938 avec l'arrivée au pouvoir d'Édouard Daladier.

Le bilan du Front populaire est mitigé, mais cette brève expérience permit tout de même un nombre important d'avancées dans de nombreux domaines, en particulier dans le domaine social : congés payés, semaine de quarante heures, établissement des conventions collectives, prolongement de la scolarité à 14 ans, etc.

La Seconde Guerre mondiale et la condamnation de Léon Blum

Blum condamna l'attitude du PCF face au Pacte germano-soviétique, attitude qui provoqua le départ d'un certain nombre de communistes qui se tournèrent vers la SFIO, avec l'aval de Léon Blum, mais contre l'avis d'autres socialistes. Léon Blum se mit aussi à dos une partie des socialistes à cause de ses positions non pacifistes. Il semble qu'il ne se rendait pas bien compte de la guerre en préparation et était beaucoup plus optimiste qu'il ne l'aurait fallu.

Durant le vote des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, Léon Blum fit partie des 80 membres de l'Assemblée nationale qui votèrent contre. À ce moment, une partie de la SFIO était déjà en Angleterre.

La Cour suprême de justice fut instituée par Pétain en juillet 1940 pour rechercher les responsables politiques de la guerre. Un grand nombre d'hommes politiques furent condamnés. Blum s'en indigna, mais ne pensa pas pouvoir être inquiété. Il fut néanmoins arrêté le 15 septembre 1940, interné à Chazeron, puis à Bourassol. Il fut traduit devant la Cour de Riom et condamné à la prison à vie. Au-delà de Blum ou Daladier, c'étaient les présidents du Conseil et les membres du Front populaire qui étaient visés. Blum fut transféré au fort de Portalet, puis livré aux Allemands et déporté en mars 1943 à Buchenwald.

Durant sa détention, il entretint une importante correspondance et commença à écrire un ouvrage de réflexions qu'il terminera en décembre 1941 et qui sera publié après la guerre sous le titre À l'échelle humaine.

L'après guerre

Léon Blum fut libéré par les troupes américaines en mai 1945 et reprit ses articles quotidiens dans le journal Le Populaire. Il dirigea le dernier gouvernement provisoire avant l'instauration de la Quatrième République, de décembre 1946 à janvier 1947.

Il se retira ensuite à Jouy-en-Josas près de Versailles où il mourut le 30 mars 1950 à l'âge de 78 ans.

Bibliographie


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