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Léon Schwartzenberg


Le professeur Léon Schwartzenberg (né le 2 décembre 1923 à Paris, mort le 14 octobre 2003 à Villejuif ), était un cancérologue qui s'est fait connaître comme le défenseur des sans-abri et des sans-papiers.

Né de parents juifs, il s'engage dans la Résistance (FFI/Forces françaises de l'intérieur et réseau franco-britannique d'évasion des aviateurs alliés) avec ses deux frères cadets. Dénoncés, ces derniers sont déportés en 1943 à Mauthausen d'où ils ne reviendront pas.

Il est interdit de faculté de médecine en raison des lois raciales de Vichy. « Le conseil de l'Ordre (des médecins) de l'époque restait muet », rappelait-il. En 1977, alors que le cancer n'était évoqué que comme « une longue et douloureuse maladie », il publie Changer la Mort (en collaboration avec le journaliste Pierre Vianson-Ponté) où il plaide en faveur de la vérité au malade, en toutes circonstances. « La vérité doit toujours être dite, elle est toujours positive », cohérent et entier, il annonce le diagnostic de sa maladie à Pierre Vianson-Ponté et les deux hommes se brouillent.

Homme à la voix cassée et aux yeux bleus qui savait séduire pour mieux convaincre, il n'hésite pas à relever les contradictions de la société : « Mentir aux cancéreux par compassion et dire la vérité à ceux qui ont le sida par peur de la contagion, cela procède d'une égale saloperie », disait-il à l'apparition de cette maladie en France, alors dénuée des puissantes trithérapies actuelles.

Avec Requiem pour la vie (1985), il s'attaque à un autre tabou, l'euthanasie. En 1991, l'Ordre des médecins le suspend d'exercice pour un an pour avoir révélé dans la presse, en 1987, l'aide qu'il avait apportée à un malade incurable. En 1993, le Conseil d'État annule cette décision.

Adepte du parler vrai, il doit démissionner de son poste de ministre délégué à la Santé (29 juin-7 juillet 1988, un record de brièveté) du premier gouvernement de Michel Rocard pour avoir proposé publiquement un dépistage systématique du sida chez les femmes enceintes et pour ses positions libérales sur la lutte contre la drogue. Il tâte à nouveau de la politique comme député européen (1989-1994).

Vers la fin de sa vie, il s'était engagé auprès des sans-papier et des mal-logés et contre les organismes génétiquement modifiés (OGM). Jusqu'en 2001, tant que sa santé le lui permettait, il défilait régulièrement avec Droit au logement (DAL), association dont il était président d'honneur. Il meurt d'un cancer, évolution d'une hépatite (contractée lors de transfusions effectuées à ses patients) qui avait évolué en une cirrhose du foie.



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