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Religion



Sommaire

Définition

Le dictionnaire en donne les définitions suivantes :

  1. Ensemble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l'humain avec le sacré.
  2. Ensemble de pratiques et de rites propres à chacune de ses croyances.

Il ne s'agit pas de produire une définition éternelle comme le ferait un platonicien mais de préserver l'étude de la religion de deux tentations : l'une crypto-théologique et l'autre réductioniste (au sens péjoratif du terme).


Jonathan Z. Smith écrit :
« Le mot « religion » n'est pas un terme trouvé sur le terrain ; c'est un terme créé par les chercheurs pour leur propre besoin ; en conséquence c'est à eux que revient la tâche de le définir. Il s'agit d'un concept générique, de second degré, qui joue le même rôle dans la mise-en-place de l'horizon disciplinaire de l'étude de la religion que les concepts de « langage » et « culture » en linguistique et en anthropologie. Sans un tel horizon, il n'y a pas de discipline de l'étude de la religion. »
Jonathan Z. Smith, « Religion, Religions, Religious », dans Critical Terms for Religious Studies (ed. Mark C. Taylor), Chicago, 1998, p. 281-282.

La « voie royale » de l'étymologie invite à citer Maurice Blanchot :
« Je demeure persuadé que la passion de l'étymologie est liée à un certain naturalisme, comme à la recherche d'un secret originel que porterait un premier langage et dont la perte laisserait des indices de langue à langue, indices qui permettraient de le reconstituer... »
Maurice Blanchot, L'écriture du désastre, Paris, Gallimard, 1980, p. 183.

En Occident, on dit volontiers que le mot religion vient du mot latin re-ligare : pour « re -joindre », ou « re -lier », classiquement compris pour signifier la relation de l'humain au divin, mais aussi les hommes les uns aux autres. Cette tradition va de Lactance et Tertullien à Kobbert, Ernout-Meillet et Pauly-Wissowa (voir, Jacques Derrida, Foi et savoir, Points-Seuil, p. 54)
Mais cette signification est tardive. Une autre voie suggère l'étymologie archaïque suivante : relegere, « relire, reprendre », par opposition à negletentia, fait de ne pas se soucier ; et aussi le mot religio, « scrupule » qui est de Cicéron (De natura deorum, II, 10). La tradition de cette explication cicéronienne se poursuit jusqu'à W. Otto, J.-B. Hofmann et Émile Benveniste. Cette étymologie évoque l'idée de scrupule dans l'observation des rites et la peur face aux forces surnaturelles. Ainsi en est-il en Extrême-Orient, où à l'arrivée des missionnaires chrétiens au début du XVIIe siècle, les Chinois traduisirent le mot religion par les deux sinogrammes Zang et Jiao qui signifient l'enseignement des ancêtres, mettant l'accent sur la transmission d'un savoir et surtout de rites, d'une tradition, en quelque sorte ou d'un enseignement religieux. De même, les Japonais ont-ils forgé le mot shûkyô, signifiant l'enseignement de l'essentiel, c'est-à-dire d'un catéchisme.
On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances d'un groupe d'individus mais aussi de ses pratiques.

Transmission

Il faut, toutefois, rester conscient que parler de « puissance divine » (Littré) ou de « divin », c'est répéter le vocabulaire des ventriloques de Dieu ; celui de la théologie parler de nature supérieure qu'on appelle divine (Cicéron), c'est parler régional ; au contraire, parler de surhumain ou de non humain ne suppose pas d'autre point d'observation que celui où se tient le commun des mortels.
Depuis que l'homme est au monde, il ne cesse de se poser des questions :

dans une tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques qui l'effraient, souvent impliquant un ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Il donne un sens au monde où le mot sens doit s'entendre à la fois comme herméneutique et direction.
Au-delà de la distinction (une distinction n'est pas une explication ; ce n'est qu'un procédé typologique), la « religion » tout court pose les questions :

On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage (voir : Russell T. McCutcheon, Critics not Caretaker : Redescribing the Public Study of Religion, SUNY Press, 2001). Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Ici, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer.

Contenus

Parmi les phénomènes qui effraient l'homme se dresse en premier lieu la mort, les différences de perception de la mort constituent le phénomène dirimant. Selon la façon dont les sociétés inhument ou non leurs défunts, les chercheurs préhistoriens distinguent l'homme (anthropos, en grec, au sens d'humanité) des anthropoïdes qui l'ont précédé.

Les religions montrent donc un grand souci de la mort, parlant d'espérance pour compenser ce qui semble scandaleux dans cet événement, conçue sous la forme de vie éternelle, de réincarnation, de résurrection, d'immortalité, d'éternité.

Elles montrent aussi un intérêt pour les mystères de la vie. En témoignent les images, qu'elles soient idoles, icônes ou symboles, qui représentent des déesses-mères et, plus tard, les prescriptions concernant les mariages et la sexualité en vue d'un eugénisme spirituel..

D'une façon générale, elles célèbrent les étapes de la vie humaine organisant des rites autour de la naissance, de la puberté, du mariage, des funérailles, par divers degrés d'initiations.

Méthodes

Elles prescrivent dans des récits oraux, le plus souvent sous forme d'épopées et/ou de livres saints, de traditions orales ou écrites, les rites adéquats pour le culte sous le nom de liturgie, les enseignements et, au travers de codes de lois religieuses, le bon comportement exigé de ses croyants ou de ses fidèles sous le nom d'éthique, lesquels sont plus ou moins contraignants. Par les images et la littérature orale ou la littérature écrite, mais aussi par toutes formes d'arts, la religion transmet une pluralité de messages dont l'interprétation en termes de valeurs, Bien (ou Juste) et Mal, dont la formulation est fréquemment réservée à un corps intermédiaire, qui peut entrer dans la catégorie socio-professionnelle du clergé, le plus souvent doté d'un statut ou discipline ecclésiastique qui préside de près ou de loin aux destinées et à l'organisation des institutions religieuses, au maintien des lieux de cultes.
On sera donc amené à s'interroger sur le sens de la conversion religieuse, sur le rôle des missionnaires comme à envisager le concept de guerre sainte, qu'elle se nomme croisade ou djihad, de l'inquisition et toute autre forme de coercition à caractère religieux.

Les adhérents, croyants ou fidèles religieux, tendent à se réunir ensemble pour célébrer des jours saints par la prière, mais la pratique isolée est également reconnue juste dans la spiritualité. La plupart des religions ont également un code de lois religieuses.

Avec l'organisation des sociétés, le pouvoir religieux se mêle au pouvoir politique transformant son parti en patrie. La plupart des religions ont cela de commun avec les nations qu'elles ont souvent besoin d'une ennemi pour se fédérer et se contruire. C'est dans cette mesure que Daniel Lindenberg en vient à se poser la question de savoir si les religions « sont naturellement intolérantes »

La diffusion de la culture religieuse est très souvent réalisée avec parcimonie :

  1. Les organisations religieuses, qui la considèrent comme une menace à leur pouvoir;
  2. Et les laïcs purs et durs, pour lesquels la diffusion d'une culture religieuse est de la catéchèse, ou du prosélytisme assimilé à de l'obscurantisme.

Dans les deux positions, on ne croit pas ce que l'on voit, mais ce que l'on craint.

Or, la diffusion d'une culture religieuse laïque, donc pluraliste, est une base indispensable à la connaissance mutuelle des fidèles des diverses religions. Il ne faut pas plus de religion, mais mieux de religion.

En guise de conclusion provisoire

L'être humain éprouve donc un besoin vital de concrétiser ses craintes, ses angoisses, etc., dans : une dicipline, une métaphysique, une croyance, des pratiques, des rites.

Essaie-t-il, par cette voie, de se rassurer devant une nature toute puissante et pleine de mystères ?

Le renouveau des courants fondamentalistes, plus ou moins liés aux courants politiques les plus extrémistes, mène à ce que l'inculture religieuse soit une valeur en hausse. De ce fait, la religion a été et demeure le prétexte de massacres et de la mise en place de discriminations constantes. Pour Karl Marx, « La critique de la religion est la condition première de toute critique ».

Grandes familles de religions

À travers l'histoire, les hommes ont élaboré de multiples religions. Certaines se sont répandues dans le monde entier et sont très pratiquées. Divers types de classements des religions sont possibles.

aires culturelles et géographiques

On peut distinguer notamment quelques grandes familles du point de vue des aires culturelles et géographiques :

Classement idéologique

On entend signaler par idéologie la représentation du divin promue par chacune des religions :

ou le projet sur les relations qu'elles entendent entretenir entre elles :

Annexes

Philosophie

Histoire des religions

Sociologie des religions

Anthropologie religieuse

Spiritualité

Doctrines et Croyances

Divers

Liens externes

Lectures





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