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Secte


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Une secte est un terme polémique qui désigne un groupe ou une organisation le plus souvent religieuse dont les pratiques posent problème légalement, financièrement mais surtout pour les libertés individuelles au sein du groupe (les sectes sont réputées manipuler mentalement leurs membres). Les organisations dénommées ainsi préfèrent le qualificatif de « nouvelle religion », plus neutre selon elles.

Sommaire

Définitions

Étymologique

À l'origine, une secte (du latin secta, dérivé du verbe sequi, « suivre », ou, selon certains étymologistes, du latin sectare, « couper », par opposition à religion, qui pourrait venir du latin religare, « relier ») désignait soit une sous-branche d'une religion reconnue et bien établie, soit un groupe de personnes qui se regroupe autour d'un maître de pensée. C'est dans ce sens que l'on peut parler de secte pour les groupements issus du bouddhisme, de l'hindouisme, du shinto ou du taoïsme. Mais autant ces religions ont toujours été plus ou moins ouvertes à la dissidence, autant le christianisme, lui, l'a longtemps combattue : dans les pays catholiques, le terme de secte a donc toujours eu une connotation négative.

Certaines grandes religions actuelles furent à l'origine des sectes de religions plus anciennes et déjà bien implantées. Ainsi, le christianisme s'est d'abord développé comme une secte au sein du judaïsme, dont il a repris une partie des enseignements. Néanmoins, ces religions ont acquis au fil du temps un grand nombre d'adeptes et dès lors une reconnaissance officielle importante.

L'équivalent grec de la secta latine est hairesis (choix, préférence pour une doctrine). Une hérésie est d'abord une école de pensée. Le jardin d'Épicure était une telle hairesis. L'Antiquité n'attache pas de valeur péjorative à ces termes. Par la suite, l'association de certaines de ces doctrines au pouvoir politique (avec Constantin Ier par exemple) va faire naître la notion d'orthodoxie et, par voie de conséquence, d'hétérodoxie. La religion ne serait-elle que la secte du roi ? C'est ce qu'affirment certains auteurs.

Sociologique

Au XIXe siècle, les sociologues Max Weber et Ernst Troeltsch définissent la secte comme un groupement religieux extrémiste, intransigeant et en rupture avec la société. L'Église est alors l'alternative sociale de la religion qui prend sa place au milieu des institutions profanes.

Certains considèrent que cette définition, qui perdura jusqu'à la fin du XXe siècle, est aujourd'hui inadaptée aux changements modernes de sens qu'a pris le mot secte. Les polémiques sur le sujet ne facilitent pas l'accord sur le sens du mot et donc sa définition. Dans ces conditions, la définition sociologique est encore considérée par certains intellectuels comme la meilleure.

Dans cette définition sociologique, la rupture entre la secte et la société est fondamentale. Cette rupture est pratiquement toujours considérée comme un dommage, qui selon les points de vue sera imputée aux membres de la secte ou au contraire à la société. Qui dit dommage dit rétribution, avec là encore des interprétations variables : prévention et juste punition pour les uns, persécution pour les autres. L'affaire peut dégénérer en conflit ouvert et guerre civile.

C'est ainsi que le protestantisme a longtemps été considéré comme une hérésie par l'Église catholique et a entraîné une grande répression de ses membres à la Renaissance, qui débouchera sur de longues guerres en Europe (guerres civiles en France et Allemagne, guerre entre pays de religion différente) et des massacres, notamment lors de la nuit qui suivit la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572 ou lors de la prise de Magdebourg. Quelques siècles plus tôt, les persécutions de l'Inquisition catholique avaient été encore plus fortes contre ce qui était appelé l'hérésie cathare.

Anthropologique

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À la préhistoire, l'Homo sapiens a hérité de la technique de l'art pariétal et des rites funéraires de l'Homme de Neandertal qui disparu vers -30 000 au cours du paléolithique supérieur. Les animaux qu'ils chassaient bisons et qu'ils observaient félins, chevaux étaient dessinés avec une beauté incroyable dans les profondeurs presque inaccessibles des grottes sur les parois, voûtes et sols où l'homme préhistorique n'avait pas établi d'habitat, ceux-ci avaient une portée symbolique et magique, le professeur Abbé Henri Breuil parle de « magie de la chasse », en revanche les hommes étaient volontairement flous, déformés et des êtres mi-humains mi-animaux étaient dessinés, et dans certaines grottes on trouvait des marques de mains par centaines peut-être avec un but thérapeutique, tout cela impliquait que des rites de chamanisme avaient lieu.

Puis au début du néolithique les Homo sapiens ont quitté les grottes et leurs sanctuaires naturels pour construire dans l'espace extérieur des monuments en terre, pierres ou en ciment comme les dolmens et les mégalithes ainsi que des sépultures collectives avec une finalité institutionnelle visant la cohésion d'une collectivité stable et sédentaire que l'on peut considérer comme une société à part entière avec son symbolisme religieux, ses rites et cérémonies magiques et sa culture. Les monuments mégalithiques ainsi que la plupart des temples avaient un symbolisme astronomique qui permit aux chefs religieux de découvrir les principes fondamentaux de l'astronomie (année solaire, cycle lunaire, cartographie céleste, mesure du temps), des mathématiques, de l'astrologie et des divinations, puis vers -1800 avec l'invention de l'écriture à Sumer apparurent les premières traces des premiers mythes fondateurs et récits magiques, bien sûr d'une culture à l'autre (Mayas, Egyptiens, Grecs) les mythes, cérémonies, rites, et croyances populaires varient mais les découvertes astronomiques et mathématiques étaient compatibles. Un peu de tout cela est resté dans la culture des peuples, s'est maintenu jusqu'à nos jours sous forme de folklore ou alors marginalisé en tant que superstition ou hérésie. L'anthropologie contrairement à la doxa « doit d’abord tenter de dépasser la barrière d’incompréhension qui vient du jugement spontané, il doit adopter l’attitude de la science, chercher les causes du phénomène rencontré. Ce n’est qu’ensuite qu’il pourra (et devra) émettre un jugement sur ce phénomène. Ce jugement sera un jugement de rationalité et en même temps un jugement éthique : nous jugeons toujours le sens et la valeur, le bien-fondé en raison et le bien-fondé moral d’un comportement. La question qui se pose naturellement est sur quels critères de rationalité asseoir ce jugement de rationalité, car a-t-on les mêmes dans toutes les cultures? »(Monica Heintz)

Ancien logo du Mouvement raëlien
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Ancien logo du Mouvement raëlien

Le problème de la magie, de l'ésotérisme, des mythes, des rites, des religions, des cérémonies, des croyances et des symbolismes, c'est que tout ces éléments font partie à part entière de la culture populaire, par exemple le cœur symbolise l'amour et le rond la totalité, mais ils peuvent être déviés de leur fonction de cohésion sociale par les sectes, par exemple la svastika ou croix gammée qui est tournée vers la droite symbolise la vie, d'ailleurs en sanscrit svastika signifie littéralement bon augure (elle était un porte-bonheur en Chine, Inde, Grèce, et dans les Côtes de la Méditerranée) a été déviée de son usage par Hitler qui à l'époque appartenait à la secte de Thulée, sous Hitler, ainsi que par Claude Vorilhon dont le symbole lui avait soi-disant été communiqué par télépathie par les extra-terrestres et qui a fondé la secte de Raël. En ésotérisme ces symboles comme tant d'autres sont utilisés pour fabriquer des amulets et talismans car ils sont motivés, à la base il y a un sens profond supposé universel qui les transcendent d'où l'emprunt de ces symboles vers d'autres domaines est très fréquent : logos d'une entreprise, matrice pour vêtements, art religieux et sacré car leur valeur est à portée de tous. L'argent est lui-même un symbole en tant que convention sociale, au niveau physique ce n'est rien d'autre qu'un papier imprimé, mais au niveau de l'inconscient collectif, l'argent a une valeur, il est crédible. Et c'est cette crédibilité que les entreprises, l'art sacré et les sectes cherchent en résumant leurs institutions dans un symbole unificateur. Le symbolisme est une tradition populaire. Mais tout est dans le but « Le symbole raëlien n'est rien d'autre que le superbe logo d'une multinationale exploitant le filon de la superstition extra-terrestre » (Le Mensonge Raëlien). En effet la masse populaire se meut là où il y a du sexe, de l'argent, une pseudo-ouverture aux interdits sociaux, une croyance unificatrice de groupe, et surtout là où on peut apprendre à avoir du pouvoir sur d'autres personnes.

Bibliographie

Moderne

Dans les années 80 et suite à de nombreux scandales (suicides collectifs, affaires politico-financières), le terme de secte a pris une forte connotation péjorative, devenant synonyme de groupe totalitaire et dangereux.

Les mouvements de lutte contre les sectes comme l'Association de défense des familles et de l'individu (ADFI) et le Centre de documentation, d'éducation et d'action contre les manipulations mentales, ou Centre Roger Ikor (CCMM) ont essayé avec plus ou moins de succès, de définir des critères d'organisation et des pratiques qui permettraient de ranger selon eux des groupements dans la catégorie moderne des sectes.
Voici quelques critères :

En outre, certains y ajoutent d'autres critères, peut-être moins répandus :

Ces critères ne font pas l'unanimité et ne s'appliquent pas dans leur totalité à tous les mouvements considérés comme sectaires. En outre, ce ne sont pas les seuls critères permettant de qualifier une organisation de secte. Il apparaît en effet que la relative nouveauté d'un groupement religieux, sa petite taille et son décalage par rapport aux normes établies ne sont pas étrangers à la dénomination de secte d'une organisation.

On étudie aujourd'hui plus le comportement du groupe vis-à-vis de ses membres que les préceptes du groupe en lui-même. On en vient ainsi à parler de secte pour des groupuscules qui ne se réclament pas d'une religion.

En anglais, l'emploi indépendant de deux mots différents permet de lever une partie de l'ambiguïté du terme français. sect tend à correspondre à la définition étymologique (comme pour les sectes protestantes qui n'a alors guère de portée négative), alors que cult tend à correspondre à la définition sociologique du terme français secte (comme pour cargo cult ou cultes du cargo qui décrivent péjorativement une secte illuminée).

Attitudes vis-à-vis des sectes

Polémique

Mouvements luttant contre les sectes

Les mouvements anti-sectes perçoivent dans les sectes un danger pour les individus et la société. Ils cherchent à le conjurer par l'information et l'action légale sur ces groupements et en portant plainte en justice au besoin. Selon ce point de vue visant à protéger le citoyen « une secte est un groupe totalitaire qui se sépare de la société et s'y oppose » [1] . Ils considèrent que la manipulation mentale inhérente à de tels groupes entraîne une destruction de la personne sur les plans physique, psychique, intellectuel, relationnel, religieux, philosophique, pédagogique, associatif, politique et/ou social.

Par ailleurs ces mouvements s'inquiètent de la menace de totalitarisme sur la société que les sectes font peser, estimant que qui croit détenir la vérité ne renoncera à aucun moyen pour l'imposer, d'autant que certaines sectes se sont dotées de puissants moyens financiers qu'ils auraient obtenus en pressurant leurs adeptes, et ne se priveraient pas d'infiltrer des centres du pouvoir économique, politique et judiciaire.

Certains analysent que, de nos jours, la sécurité mondiale elle-même en est affectée, comme au temps des guerres de religion, et que le combat entre sectes a atteint le niveau planétaire, sous la férule de Oussama Ben Laden (Al-Qaida) et Georges W. Bush (Born again). Ils notent aussi que le gouvernement américain s'est permis plusieurs fois d'intervenir dans les affaires de pays européens qui se défendent juridiquement contre l'emprise des sectes, alors que celles-ci bénéficient aux États-Unis d'appuis bienveillants.

Les associations anti-sectes soutiennent que certains scientifiques et sociologues minimisent de façon délibérée la dangerosité de sectes telles que l'Église de Scientologie, la Famille (ex Enfants de Dieu), l'Église de L'unification (Moon), Aum vérité suprême au moyen d'études complaisantes dont il a été démontré pour certaines d'entre elles qu'elles avaient été financées par les mouvements qu'elles prétendaient étudier. Aussi dénoncent-elles leur manque d'objectivité et présentent ces sociologues comme autant d'apologistes de la cause sectaire.

Défenseurs des sectes

Les défenseurs des sectes passent très rapidement sur ces aspects considérés dévastateurs par leurs opposants et cherchent à présenter les sectes en victimes de persécutions. Ils affirment avec autorité que la campagne menée par leurs adversaires est une « chasse aux sorcières », une inquisition moderne contre la spiritualité et la liberté de penser. Selon eux, la pensée anti-sectes est la rationalisation d'une intolérance sous-jacente qui manipulerait l'opinion publique sur la base de témoignages d'ex-membres dans le but de susciter un climat de peur.

En outre, ils soutiennent que les critères avancés pour détecter les sectes (manipulation mentale, centralisation du pouvoir, etc.) sont trop flous, qu'ils s'appliquent à la quasi totalité des groupes organisés, y compris les religions les plus reconnues mais également des groupes considérés comme non religieux : entreprise, club sportifs, etc., et que dès lors la dénomination de secte est purement arbitraire.

Selon eux, les attaques des anti-sectes reposent sur la mise à l'index des mouvements pris pour cible. Ils estiment que des campagnes diffamatoires sont souvent entreprises pour tenter de discréditer ces mouvements sans aucun respect pour la vérité. Une de leurs cibles est l'UNADFI, relayant d'après eux des erreurs gravissimes sur les sectes, en particulier sur la pédophilie, leurs témoignages étant jugés truqués.

En raison de la péjoration qui a été adjointe au mot secte, les défenseurs des sectes ainsi que les organisations concernées (fédérées pour certaines) lui préfèrent l'appellation, selon eux plus neutre et respectueuse, de « nouveau mouvement religieux ».

Scandales autour des sectes

Certaines sectes ont défrayé la chronique entre 1978 et 1997. La mort massive de membres de groupes sectaires a profondément choqué l'opinion publique, d'autant plus que certaines des victimes étaient des enfants. Des thèses de suicides collectifs ont parfois été remises en cause par des enquêtes. Faits marquants :

Critique des sectes par des médias et des associations

La multiplication des scandales liés à certaines sectes, en particulier des affaires de suicides collectifs ou d'agressions sexuelles, a entraîné une importante médiatisation du phénomène, interprété par les défenseurs des sectes comme un certain sensationnalisme afin de mieux imprégner une opinion publique.

La forte médiatisation du « phénomène sectaire » a pu conduire à amalgamer entre elles des organisations aux aspirations pourtant très différentes. Ainsi, par le même terme générique de « secte », on a désigné autant des groupes criminels, dangereux, pédophiles, totalitaires que des nouveaux groupements religieux, ésotériques ou simplement excentriques (en décalage avec la société) qui n'ont jamais été coupables de tels crimes.
Cela s'explique selon les détracteurs des sectes, par le contenu de la définition moderne. Si cette médiatisation a eu pour effet de mettre en lumière des abus au sein de certains groupements, elles ont parfois été très préjudiciables à des personnes ou des organisations. Ainsi, la liberté de culte pourtant garantie par la Déclaration universelle des droits de l'homme, a parfois été bafouée.
Selon les défenseurs des sectes, suite à leur appartenance à des groupements considérés comme sectaires, certaines personnes ont été licenciées, se sont vues refuser la garde d'un enfant ou ont vu leurs contrats commerciaux être rompus [3] . L'exemple de la chanteuse française Sylvie Mestre, dite Nayah, est assez représentatif du poids des médias et du climat de méfiance vis-à-vis des sectes qui régnait à l'époque. Alors que cette chanteuse connaissait une ascension qui la fit désigner en 1999 comme représentante de la France au concours de l'Eurovision, ses liens avec l'organisation raëlienne mirent un terme prématuré à sa carrière. Les pressions sur ses producteurs, exercées par des associations de lutte contre les sectes essentiellement, furent telles qu'après l'annulation de passages télévisés et de concerts, ses contrats furent finalement rompus.

Lutte gouvernementale contre les sectes

En fonction de leur propre définition du terme secte et des organisations classées comme sectes dans leur pays, les gouvernements ont mis en place des procédés de lutte contre certaines pratiques et certaines organisations.

En Europe

La France, la Belgique et l'Allemagne ont réuni des commissions dont le travail a entre autres permis de constituer plusieurs listes de sectes. Le gouvernement français a chargé une Commission de l'Assemblée nationale d'enquêter sur le phénomène sectaire.

Le 7 février 2000, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) publie son premier rapport et conclut qu'il faut « renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales ». Suite à ce rapport établissant une liste de sectes et malgré les protestations de celles-ci, la loi About-Picard sur les mouvements sectaires est adoptée en 2001. Entre autres, un « délit de manipulation mentale » est créé.

La France dispose d'un réseau très efficace et spécialisé dans la lutte anti-sectes, chargé de diffuser une information auprès de tous les ministères (police, justice, éducation nationale, jeunesse et sports, etc.). Des correspondants MILS sont présents dans chaque ministère, chargés de centraliser l'information, d'informer, de former et de lutter contre l'infiltration des sectes au sein des organes de commandement de la République. Leur travail consiste à apprendre à « identifier les tentatives de prosélytisme » et sanctionner toute dérive.

En Belgique, un tel essai est soumis à une violente controverse au Parlement qui doit renoncer à publier une telle liste mais qui publie un rapport détaillé [4] .

En Suisse, le Conseil Fédéral se garde de tout amalgame entre des groupes « sans lien entre eux » et se prévaut que « la liberté de conscience et de croyance ainsi que le droit d'association sont des droits ancrés dans la Constitution fédérale » [5] .

Les actions judiciaires

Le 6 septembre 2001, la statue géante du chef spirituel des Chevaliers du Lotus d'or, Gilbert Bourdin, est abattue sur ordre de la justice, le procès étant relatif au permis de construire.

Le Mouvement raëlien décide alors sa propre dissolution, parlant de « discrimination ». Avant de disparaître, il incite les Français à voter pour Jean-Marie Le Pen afin que la France ait « un régime en harmonie avec sa politique liberticide », mais aussi « parce que, en cas de succès de Le Pen, une révolution est envisageable qui pourrait amener à la Géniocratie » [6] .

La justice s'est aussi attaquée à l'Église de Scientologie qui perd un procès suite à l'utilisation abusive de noms d'ex-membres dans un fichier informatique. Elle est également mise en examen en tant que personne morale pour « escroquerie en bande organisée ».

La lutte gouvernementale contre les sectes passe aussi par l'information et la publication de rapports décrivant les pratiques de certaines sectes.

En Chine

Le gouvernement chinois est entré en conflit avec une organisation connue sous le nom de Falun Gong. Il a été perçu par les autorités chinoises comme une menace contre la suprématie politique du parti communiste chinois. Les autorités ont interdit cette organisation en la dénonçant comme une secte. Le Falun Gong a répliqué sous l'impulsion de son leader, aujourd'hui réfugié au États-Unis, par des manifestations d'opposition massives et pacifiques de désobéissance civile. La répression féroce qui s'est ensuivie a conduit à l'arrestation de nombreux membres du Falun Gong, à des procès sommaires aux jugements arbitraires qui se sont soldés par l'internement dans des camps de travail, voire à des condamnations à mort pour certains d'entre eux. Pour justifier leur position, les autorités chinoises expliquent que le Falun Gong ferait courir des risques graves à la santé de ses adeptes et qu'il inciterait même ses membres à se suicider par immolation par le feu.

Le Falun Gong a toujours nié avoir, sous quelque forme que ce soit, poussé ses adeptes au suicide et déclare condamner de telles actions. Des organisations de défense des Droits de l'homme ont observé qu'il n'était pas démontré que les « suicides » en question n'étaient pas en fait des mises en scènes meurtrières montées par les services de sécurité chinois dans le but de discréditer le Falun Gong aux yeux de l'opinion publique mondiale. Elles soulignent enfin que de nombreux cas de tortures infligés aux adeptes lors de leur incarcération ont été porté à leur connaissance.

En France, la position des associations de lutte contre les sectes reste prudente et elles observent qu'elles n'ont jamais reçu de plaintes significatives relatives à cette organisation. Toutefois certaines personnalités ont pris des initiatives, contestées par les défenseurs des sectes, et qui ont été interprétées comme donnant une forme de caution à la politique de répression du gouvernement chinois contre le Falun Gong. C'est notamment le cas de visite d'Alain Vivien en Chine - sur invitation officielle du gouvernement chinois et alors qu'il était président de la MILS - rapportée dans ces termes par le Bulletin du CCMM de décembre 2000 :

« La France est souvent citée en exemple en raison de l'ampleur et de la cohérence des mesures prises pour répondre à la menace sectaire. Les représentants français, parmi lesquels Alain Vivien, invités au symposium ont reçu un accueil chaleureux et fait l'objet d'une écoute particulièrement attentive. »

Remises en question

Un débat oppose depuis longtemps ceux qui pensent que, face aux mouvements considérés comme sectaires et dangereux, l'autorité se doit d'intervenir pour protéger les citoyens et, de l'autre côté, ceux qui estiment que l'État n'a pas le droit d'enfreindre les libertés de religion et d'association des citoyens. C'est l'opinion qu'exprime le sociologue canadien Daniel G. Hill :

« La société qui apprécie ses libertés doit accepter de ne pas pouvoir toujours protéger ceux qui renoncent volontairement à leur indépendance, consacrent leur biens à des causes vaines ou s'engagent dans des pratiques qui leur sont nuisibles. Là où les questions de foi et d'association sont en cause, l'individu qui est vraiment libre n'est pas seulement libre de jouir de ses choix mais aussi d'en souffrir. » (Cité par J.F. Mayer dans Sectes nouvelles, un regard neuf, Cerf, Paris, 1985.)

La France a établi une liste de sectes dans les rapports des commissions parlementaires sur les sectes. Cette option n'a pas été sans susciter de nombreuses critiques parfois virulentes. C'est avec prudence que certains spécialistes l'ont accueillie. Ainsi Mgr Vernette s'inquiétait que certaines organisations par ailleurs reconnues par l'Église, tel l'Opus Dei, puissent être classées comme sectes par les parlementaires, notamment en Belgique. Aussi déclarait-il au sujet de la liste établie par le Rapport de la Commission parlementaire de 1996, qu'il qualifiait « d'utile par ailleurs », qu'elle « comportait de semblables qualifications abusives pour certains groupes épinglés faussement comme sectes avec toutes les conséquences désastreuses pour leurs membres et leurs activités, la liste étant largement publiée dans les médias. Or aucun n'avait été entendu. Aucun n'a pu obtenir réhabilitation ou nouveau jugement, car aucune instance ne se reconnaît qualifiée pour reprendre le dossier. La chose est grave dans un état de droit et l'on s'inquiète qu'elle risque de se renouveler par un autre biais » (L'Église catholique et les sectes ). Mgr Vernette est aussi l'auteur d'un dictionnaire des nouveaux mouvements religieux et des sectes qui comporte 400 entrées là où le rapport de l'Assemblée nationale n'en mentionne que 172. L'inquiétude de certains responsables catholiques et la prudence de leur réaction sur le sujet s'expliquent en grande partie par la crainte de voir classer parmi les sectes des mouvements le plus souvent charismatiques qui présentent pourtant d'évidentes dérives sectaires en leur sein.

Cas des grandes religions

Certains pensent que les « grandes religions » présentent suffisamment de critères d'éligibilité des sectes pour être classées parmi elles. Ils évoquent notamment les affaires de pédophilies autour de prêtres catholiques et les cas de fanatisme islamique et judaïque comme éléments appuyant cette thèse. D'autres insistent sur la présence de sectes au sein des « grandes religions » comme l'Opus Dei au sein de l'Église catholique ou le mouvement Loubavitch au sein du judaïsme ; ce qui ne rend pas les « grandes religions » des sectes pour autant.

Cependant, d'autres considèrent que les « grandes religions » ne peuvent pas être assimilées aux sectes, en tout ou en partie, parce qu'elles sont reconnues, admises et intégrées à la société. En quelque sorte, l'estime dans laquelle les tient le gouvernement du pays qui les héberge est garant de leur qualification en secte ou non et interdit toute enquête sur les parties qui pourraient être sectaires sauf à être diligentée par l'institution religieuse elle-même.

Selon certains de leurs détracteurs, ces religions (l'Église catholique étant souvent la plus visée, selon les catholiques) profiteraient du climat de méfiance qui existe à l'encontre des sectes pour essayer de marginaliser les groupements réputés non orthodoxes et pointer du doigt les « dérives » de la foi.

Selon certains défenseurs des sectes, l'Église catholique a même largement favorisé l'essor du mouvement anti-sectes en transmettant à l'ADFI son idéologie, ses connaissances et ses techniques. Selon Joël Labruyère (président de OMNIUM, réputé proche de la scientologie) dans L'État inquisiteur, « c'est grâce à leur connaissance de l'hérésie sous toutes ses formes et parce qu'ils bénéficient d'un réseau d'informations international que des prêtres catholiques ont pu lancer l'affaire et mettre le pied à l'étrier à des laïcs, en leur livrant, clé en main, une petite machine de guerre contre les nouveaux hérétiques. Il suffisait simplement de recycler le mécanisme des persécutions sous une forme assimilable par la culture moderne. Le CCMM a ensuite laïcisé ces concepts, leur permettant d'intégrer très naturellement les domaines politique et médiatique. Il ne reste, de l'inimaginable cruauté de la Sainte Inquisition, que les techniques « douces » qui consistent à pointer du doigt les « hérétiques » afin de les marginaliser, ce qu'on appelle bien encore communément « la chasse aux sorcières » [voir diabolisation]. Les démons ont été remplacés par les « gourous » qui sont censés laver le cerveau de leurs « adeptes », préalablement lobotomisés. »

André Comte-Sponville écrivait dans son Dictionnaire de philosophie : « La secte, c'est l'Église de l'autre. »

François Cavanna, dans un article de Charlie-Hebdo du 28 juin 2000, réplique : « Une religion est une secte qui a réussi. »


Annexes

Articles connexes

Pratiques

Groupes qualifiés de sectes faisant l'objet d'un article sur Wikipedia

Voir aussi Liste de sectes.

Nota : la Science chrétienne et l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours sont citées comme sectes par le rapport parlementaire de l'Assemblée nationale, mais ne font pas partie de la liste principale (rapport d'enquête n° 2468 de l'Assemblée nationale ). À propos de mouvements mentionnés comme « sectes » dans le rapport mais ne figurant pas dans la liste, le texte du rapport mentionne : « Mais auparavant, il est nécessaire de dissiper un éventuel malentendu : tous les mouvements spirituels autres que les religions traditionnelles et communément appelés sectes ne sont pas dangereux, comme, par exemple, les baptistes, les quakers ou les mormons. Leur rôle peut même être, parfois, considéré comme très positif. (...) La commission a donc bien pris garde de faire un amalgame entre tous les groupes spirituels existants. Elle a considéré qu'elle devait se cantonner à examiner les nuisances provoquées par les seules sectes dangereuses. Et ce, pour mieux tenter de dégager les moyens de les combattre. » (Source : rapport d'enquête n° 2468 de l'Assemblée nationale )

Ressources externes

Observatoires des religions

Points de vue de défenseurs des sectes

Points de vue de détracteurs des sectes

Rapports d'enquête officiels

Bibliographie

Livres défendant les sectes

Livres opposés aux sectes



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